Bio

Enfin, tout pour la musique !

🎹 De Metz à Paris

Sans détour… ou presque.

Je suis né à Metz en 1965. J’ai grandi entre les murs du conservatoire et les résonances du piano. Formé à l’école classique, j’ai très vite préféré la liberté de l’oreille pour reprendre des mélodies des Beatles, avant de jouer dans plusieurs groupes. Quand je suis arrivé à Paris en 1991, j’étais à la fois serveur et pianiste dans un bar à vins. Puis j’ai interrompu ma vie de bohème pendant près de trente ans. Jusqu’au redémarrage inattendu de 2022.

Cette année-là, j’ai rouvert le piano comme on rouvre un carnet de bord oublié. J’ai écrit mes textes, composé mes chansons, appris à produire seul, en autodidacte. De cette traversée est né Data Centers, un album entièrement autoproduit, fruit de neuf mois d’écriture, de composition, d’arrangements faits maison, de collaborations à distance avec d’autres musiciens, et de nombreuses nuits blanches.

Mes influences dessinent une cartographie sensible et métissée : Gainsbourg en contrebande, Bashung en filigrane, Feu ! Chatterton et CharlElie Couture pour la poésie. À cela s’ajoutent le jazz, le blues, le rock, et cette idée que je me fais de la chanson : un court-métrage en musique, où l’ambiance sonore doit raconter une histoire, comme une musique de film sert son image.

Depuis 2010, je mène en parallèle un combat d’une autre nature : une quête de vérité et de justice autour de la mort suspecte de Robert Boulin, aux côtés de sa fille Fabienne. C’est une lutte citoyenne, sans costume ni posture, guidée par l’exigence de vérité, de clarté et de rigueur.

Mon nom d’artiste, de Frebourg, est un clin d’œil à mon histoire familiale. Il vient d’un aïeul lointain, Oddon de Frebourg, écuyer au Xe siècle, du côté de ma grand-mère paternelle.

Je ne fais pas carrière, bien conscient d'être un marginal qui marche bien loin des critères du business de l'industrie musicale. J’ai juste voulu accomplir un rêve : autoproduire mes chansons, boucler un parcours qui me ramène parfois sur les pas de ma jeunesse, jusqu’au stade Saint-Symphorien pour supporter le FC Metz. Je suis attaché à la croix de Lorraine, au gaullisme social, et à ma terre natale.


J’aime revenir à Metz. Sans le savoir, j’ai grandi dans l’immeuble où Robert Schuman avait installé son cabinet. C’est ici que j’ai découvert la musique, ici que mon père m’a offert mon premier piano. Lui-même aurait voulu apprendre à en jouer, mais la guerre en décida autrement. À travers moi, c’est un rêve qu’il a tenté de faire vivre.

Metz, le quartier impérial. - De 1970 à 1983, J'ai grandi dans ce quartier édifié par les allemands, à l'époque du règne de Guillaume II. 

Le palais du Gouverneur, édifié en 1902 incarne la puissance militaire et l'ambition impériale de Guillaume II.

St Symphorien, la citadelle imprenable ! Ici c'est Metz !

Je n’oublie pas d’où je viens. Fils d’un ingénieur sidérurgiste, j’ai grandi dans une famille aisée, entre rigueur protestante et culture républicaine. Mon père révisait son diplôme de Gadzart à la lueur d’une bougie, caché à la cave pendant les alertes à Paris. Cela impose le respect. Mais ça donne aussi envie de fuir… de dévier de la voie toute tracée des Arts et Métiers, déjà empruntée par mon grand-père, mon oncle, et donc mon père… Sortir du moule, échapper au déterminisme social et familial, quitte à se tromper plusieurs fois. et ne jamais se trouver totalement… La vie est une quête inachevée.

Malgré les années, malgré les renoncements collectifs, la croix de Lorraine, l’idée de résistance, continuent de résonner ici comme partout dans le vaste monde. À Metz, cette ville marquée par l’histoire, tantôt française, tantôt allemande, les pierres multi-séculaires de l'Eglise St Pierre aux Nonnains parlent encore. Il suffit de tendre l’oreille. Venez. Écoutez. Observez. Metz vaut votre détour, ne serait-ce qu'un soir de match à St Symphorien pour entendre les supporters clamer : “Ici, c'est Metz !”.

Poesie

Ma peine sur mer

Les deux frères immobiles, loin, battus par les vagues,

Et l'ancre indélébile des bateaux sur la plage,

Jetée, plantée au coeur, comme une cale, un vil tag !

C'est ma mémoire qui pleure, à la Verne, au rivage.

 

Sous le pont Mirabeau coule dans mes veines, la rage,

Et sous la mer Nemo, la peine en héritage...

Déchu le Capitaine, brisé, d'un tel naufrage,

Survivant ranimé aux souvenirs qui surnagent,

 

 

S'estompent, s'épuisent et sombrent au dernier coup de dague...

Et dans mon sang, le sel de mes larmes zigzague.

Sous le pont Mirabeau coule dans mes veines, la rage.

 

Et dans mon sang, l'oubli n'en finit plus d'oublier,

Et dans mon sang, mes larmes n'en finissent plus de couler,

Et dans mon sang, mes larmes vident leurs derniers orages.

Pierre de Frebourg - Septembre 2022

Photos & Videos

Contact